Le territoire maritime

La Stratégie maritime mise sur le potentiel exceptionnel que représentent le Saint-Laurent et les côtes septentrionales québécoises. Ce territoire maritime a en effet contribué et contribue, encore aujourd’hui, à la richesse économique, environnementale et sociale du Québec. Cet apport, trop souvent oublié ou tenu pour acquis, est pourtant à la source d’une économie maritime québécoise importante et porteuse d’un écosystème maritime riche et diversifié, tout en étant au cœur du bien-être des communautés riveraines et côtières.

Le territoire maritime québécois : les eaux et les littoraux

Le territoire maritime du Québec, c’est bien sûr des eaux, mais également des littoraux.

La partie nordique du territoire maritime s’étend sur plus de 2 700 kilomètres. Elle comprend des affluents, des échancrures et des baies — la baie James, la baie et le détroit d’Hudson et la baie d’Ungava.

Les côtes septentrionales du Québec constituent un élément socioéconomique indispensable pour la plupart des communautés nordiques. L’accès maritime leur est essentiel, que ce soit pour assurer leur approvisionnement de base en biens et en services ou pour faciliter leur développement économique et leur épanouissement social.

Au sud, le territoire maritime est évidemment constitué du Saint-Laurent, soit le fleuve, l’estuaire et le golfe, ainsi que du littoral. À ce territoire maritime, il faut ajouter le fjord du Saguenay, la rivière Saint-Maurice, et les portions québécoises des rivières des Outaouais et Richelieu ainsi que la Baie des Chaleurs, pour ne nommer que celles-ci.

Carte du territoire maritime

La société québécoise et le Saint-Laurent ont une histoire intimement liée. Encore aujourd’hui, au-delà de 70 % de la population québécoise habite la vallée du Saint-Laurent. Une proportion importante d’entreprises y est également localisée, parmi lesquelles un très grand nombre comptent sur le transport maritime pour bénéficier d’un accès stratégique aux marchés locaux et internationaux.

Au nord comme au sud, le territoire maritime a contribué, dans le passé, et contribue toujours à la richesse collective du Québec.

Une contribution à la richesse économique du Québec

En plus d’être capitale pour l’ensemble de l’économie québécoise, l’économie maritime est très diversifiée et créatrice de nombreux emplois. En 2013, elle soutenait près de 25 000 emplois directs, dans les différentes régions du Québec.

Le Saint-Laurent représente, pour le Québec, la possibilité de se positionner comme la porte d’entrée du nord-est de l’Amérique du Nord. Sa voie navigable pénètre jusqu’au cœur du continent et constitue le plus court chemin entre l’Europe et le centre de l’Amérique, deux zones parmi les plus industrialisées au monde. Il s’agit d’un réseau portuaire commercial stratégique composé d’une vingtaine de ports. Il est interconnecté aux réseaux ferroviaires (le CN et le CP) et routiers, ce qui lui permet de joindre un marché nord-américain de plus de 135 millions de personnes. Ce réseau joue un rôle clé non seulement dans le commerce international, mais aussi, de manière plus globale, dans le développement du tissu économique et industriel du Québec.

Une contribution à la richesse environnementale du Québec

Le territoire maritime du Québec regorge d’écosystèmes diversifiés d’une très grande richesse. Le Saint-Laurent rassemble une faune et une flore uniques. La présence de vastes masses d’eau douce et d’eau salée, combinée à des variations en fonction des marées et du degré de salinité, explique cette unicité.

Le Saint-Laurent, ses rives et ses îles abritent aussi une faune diversifiée, composée de près de 400 espèces d’oiseaux, de plus de 20 espèces de poissons d’eau douce et d’eau salée, de 16 espèces d’amphibiens, de 14 espèces de reptiles et d’environ 70 espèces de mammifères terrestres ou amphibies. Également, ils abritent une vingtaine d’espèces de mammifères marins, dont la plus grande espèce de la planète, le rorqual bleu, ainsi que l’unique baleine blanche du Québec, le béluga, sans oublier plus de 1 900 espèces de plantes, soit près de 77 % de la flore vasculaire du Québec.

Une contribution à la richesse sociale du Québec

Le Saint-Laurent, c’est aussi une source de mieux-être pour un très grand nombre de communautés du Québec, car près de 40 % de la population s’y approvisionne en eau potable, sans compter que plusieurs communautés dépendent d’un accès maritime pour assurer leur approvisionnement de base et leur développement économique. Le Québec maritime est également une source de richesse culturelle et patrimoniale exceptionnelle. Il n’y a qu’à penser à l’Arrondissement historique du Vieux-Québec, inscrit comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO, qui est intimement lié au Saint-Laurent, ou encore à l’épave de l’Empress of Ireland, qui, en plus de faire le bonheur des plongeurs et plongeuses, rappelle l’importance historique et continuelle du Saint-Laurent comme notre entrée sur le monde.

Finalement, le Québec peut compter sur des atouts maritimes exceptionnels dont peu de régions du monde disposent. Ces atouts peuvent contribuer davantage à la richesse collective de la société québécoise sur les plans économique, environnemental et social. Un très grand nombre de possibilités de croissance existent, lesquelles devront être saisies dans une perspective de développement durable. Les écosystèmes maritimes demeurent fragiles, et leur protection est essentielle à un développement pérenne et acceptable.